16/01/2013 15:41 Publié dans La coulée douce | Lien permanent | Commentaires (0)

Le Grand, le Maigre et l’Enveloppé

C’était la veille de la finale du «Mondiale» 1990. En Italie, évidemment. A l’époque, il n’y avait que les Italiens pour oser marier un récital d’opéras et une compétition de foot. Bon, ce n’était pas un récital ordinaire, il réunissait dans les Thermes de Caracalla, devant un public immense, les trois plus grands ténors du moment, Plácido Domingo, José Carreras et Luciano Pavarotti.

Au grand dam de quelques pisse-froid, horrifiés que tels artistes, je cite, «se prêtent à cette mascarade télévisée en beuglant dans des micros et charcutent les grands airs du bel canto». Ce fut un triomphe mondial. Cette seule soirée fit plus pour la popularisation de l’Art lyrique que six cents ans d’émissions d’Eve Ruggiéri et de Jacques Chancel réunies. Nous parlerons demain de cet événement avec Eric Vigier, le directeur de l’Opéra de Lausanne, qui organisa lui-même par la suite un tel spectacle à Madrid pour l’anniversaire du roi Juan Carlos.

Parce que, évidemment, les trois compères récidivèrent, comprenant qu’abandonner ce concept, dont une partie des bénéfices allait à une fondation contre la leucémie chère à Carreras, serait un gaspillage stupide. Et ils chantèrent en 1994 à Los Angeles, en 1998 à Paris, en 2002 à Yokohama, à Vienne en 1999 avec des cantiques de Noël, puis un peu partout où on leur demandait (je crois qu’Il n’y a eu que pour le mariage de ma sœur qu’ils déclinèrent la proposition, prétextant que le stade de Plan-les-Ouates n’était pas aux normes UEFA).

Mais, il n’y a rien de honteux qu’une action caritative devienne une entreprise florissante, car, comme le dit si souvent Jean-Marc Richard, qui aime à citer l’abbé Pierre: «Il y a toujours du bien à faire le bien!» Somme toute…

«Somme toute…» Tous les dimanches, à 13 h

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