10/11/2012 10:33 Publié dans La coulée douce | Lien permanent | Commentaires (0)

Comme un avion sans ailes…

Ce jour-là, le ciel nous est vraiment tombé sur la tête. La pire humiliation jamais connue depuis la bataille de Marignan, ou le massacre des Tuileries, voire même la non-désignation de Sion pour les JO de 2006. Une journée effroyable, bien plus douloureusement gravée dans nos mémoires que tous les dimanches noirs de Delamuraz.

Swissair, notre fierté nationale qui, comme les talonnettes pour Sarkozy, permettait au Suisse de se croire l’égal des Grands, l’entreprise si arrogante qui nous consolait de notre modestie congénitale, celle que les Romands, comme tous les cocus amoureux, adoraient encore plus après ses infidélités et son mépris affiché pour notre aéroport était clouée au sol, comme une vulgaire compagnie de brousse africaine… Parodiant Giraudoux, en raison des circonstances, le mot «impossible» était redevenu, sinon français, du moins helvétique.

François Clavadetscher était commandant de bord sur MD-11 à l’époque. Il apprit la nouvelle du «grounding» par un télex reçu dans son cockpit, entre São Paulo et Santiago. Il nous racontera demain cette journée de fin du monde. Et puis, comme souvent après les fins du monde, la vie reprit, laissant pas mal de monde sur le carreau, employés ou petits actionnaires. Une nouvelle compagnie naquit bientôt… Mais l’histoire ne se répète jamais totalement, on le sait…

Pour illustrer ce changement, une agence de communication réussit à se faire payer grassement pour le nouveau nom donné à cette nouvelle compagnie, sans doute après de longues séances de «brain storming»: «Swiss», à la place de «Swissair»… Simplement génial… C’est même, à mon avis, le seul exploit dans tout ce désastreux épisode. Somme toute…


«Somme toute…»
Tous les dimanches, à 13 h

Les commentaires sont fermés.