13/10/2012 09:27 Publié dans La coulée douce | Lien permanent | Commentaires (0)

La Fête à la chanson romande

Ils étaient venus, ils étaient tous là. Tout ce que la Suisse romande comptait de chanteuses et de chanteurs. Ou presque. Il manquait juste Chastelain et Sarclo. Chastelain avait une bonne excuse, il était en prison pour objection de conscience. Parce qu’à l’époque il arrivait aux chanteurs d’aller en prison pour d’autres motifs que la prise de stupéfiants, la conduite en état d’ivresse ou les violences domestiques.


Comme c’est loin tout ça… C’était en septembre 1979, un samedi après-midi ensoleillé, à Vidy. Plus de cinq mille spectateurs étaient accourus pour cette fête. Pour beaucoup des artistes présents, plutôt habitués à des audiences plus confidentielles, ce fut Woodstock-sur-Venoge. Le bonheur était dans le pré, et chaque prestation, quel que soit son genre, fut acclamée, les spectateurs goulus avalant tout avec une égale délectation. Et lorsque Gilles, notre Gilles, intronisé naturellement pape de la chanson romande, monta sur scène, l’ambiance devint incandescence. Malgré notre bruyante insistance, il nous expliqua qu’il ne chantait plus depuis longtemps, mais il voulut bien tenter de réciter «La Venoge». Et nous assistâmes à un miracle. Le temps de deux couplets, un vieux monsieur redevint star de scène, et obtint un triomphe à faire pâlir de jalousie les jeunots qui avaient commis l’imprudence de l’inviter.


En passant, j’ai demandé à Michel Bühler, qui était évidemment un des fers de lance de l’événement, si les artistes avaient été payés pour leur participation. Il ne s’en souvenait pas vraiment, mais ça n’avait pas trop d’importance. En trente-trois ans, quelle révolution copernicienne, à l’époque on faisait de la scène dans l’espoir de vendre des disques, aujourd’hui, on balance sur le Net sa production, dans l’espoir de faire quelques galas. Somme toute…

 «Somme toute…»
Tous les dimanches, à 13 h

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