15/09/2012 09:44 Publié dans La coulée douce | Lien permanent | Commentaires (0)

Les faussaires de la route

Le 27 juillet 2003, Lance Armstrong remportait son cinquième Tour de France. Il rejoignait ainsi dans la légende Anquetil, Merckx, Hinault et Indurain. A mon avis, ce fut une splendide édition. Mais, comme c’est la seule que j’ai eu le bonheur de suivre sur place de bout en bout, je manque peut-être d’objectivité. D’abord, il avait fait beau et chaud, très chaud. Pourtant, la canicule qui avait décimé les maisons de retraite n’avait pas gêné les virtuoses de la pédale. Sauf peut-être un des outsiders, un nommé Joseba Beloki, qui, dans la descente sur Gap, glissa sur du goudron fondu, se cassa le col du fémur et, pire, faillit entraîner le dieu Armstrong dans sa chute. La bataille fut rude, les exploits nombreux, et le classement final prestigieux: 1er Armstrong, 2e Ullrich, 3e Vinokourov et, pour le maillot du meilleur grimpeur, Richard Virenque.
Surtout, comme l’affirmèrent fièrement les organisateurs (comme ils le font d’ailleurs religieusement chaque année), le Tour était parvenu à éradiquer le dopage, seuls deux obscurs, deux sans-grade s’étant fait attraper par la patrouille.
Evidemment, aujourd’hui, où l’on a enfin réussi à faire basculer la statue Armstrong de son socle, cette déclaration prête à sourire.
L’agaçant, et j’en parlerai demain avec Pierre Mercier, l’homme qui a suivi vingt Grandes Boucles pour la RSR, c’est qu’il ait fallu attendre neuf ans pour le faire et que les journalistes spécialisés soient toujours complices de cet enfumage moralisateur glorifiant les sportifs carburant soi-disant à l’eau claire.
C’est à regretter les tours de légende, ceux où le dopage n’existait pas. Pardon, où les contrôles antidopage n’existaient pas. Somme toute…

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