08/09/2012 09:31 Publié dans La coulée douce | Tags : invité, semaine, matin | Lien permanent | Commentaires (0)

Et le drapeau noir flotta sur la marmite

Des révolutions, dans ma chienne de vie, j’en ai connu quelques-unes… Ce n’est pas pour me vanter, j’ai d’abord fait Mai 68, excusez du peu… Bon, c’était à Genève, mais la manif devant le consulat de France aux cris de «Libérez nos camarades!» à laquelle j’ai participé activement, n’a pas été sans influence sur la décision du départ de De Gaulle pour Baden-Baden. Après, il y eut le Printemps de Prague, malencontreusement écrasé par l’Armée rouge, juste avant que je puisse rejoindre les insurgés. Puis il y eut la Révolution des œillets, qui recueillit toute ma sympathie. Etc. etc… j’en passe et des meilleures, la liste serait trop longue. La seule que j’ai vraiment loupée, c’est Lôzane bouge, question d’âge sans doute, et puis il fallait bien laisser une parcelle de gloire à Jean-Marc Richard.

Mais, sans conteste, la révolution qui m’a le plus profondément marqué fut déclenchée un beau jour du Printemps de 1973 par Henri Gault et Christian Millau. C’est celle de la «nouvelle cuisine». Elle changea radicalement ma façon de me nourrir. Un tsunami total… Puisque nous sommes à quelques encablures d’une nouvelle Semaine du goût, j’ai demandé à celui qui en est le parrain, Gérard Rabaey, si Gault et Millau avaient aussi bouleversé sa vie. Ce cuisinier somptueux qu’il fut et qu’il reste l’a reconnu sans peine, même s’il précise que, comme M. Jourdain avec la prose, il en faisait déjà un peu avant sans le savoir.

Hélas, hélas, hélas, comme disait le Général susnommé, l’effet de toute révolution s’estompe avec le temps… Je me surprends à refaire des béchamels et, en mangeant aujourd’hui chez Bocuse, on a la curieuse impression de visiter le Musée Grévin. Somme toute…

«Somme toute…», Tous les dimanches, à 13 h.

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